Huit heures moins le quart, un mardi de juillet. Un père se gare au fond d’un parking déjà à moitié plein, sort deux seaux et un gilet orange. L’odeur de vase tiède remonte du chenal.
Sur les pontons, un pêcheur amarre un canot bleu. À trente mètres, le sable commence, la mer est plate, la lumière tombe sur Fort Boyard au loin. Personne ne crie. C’est ça, une matinée au port du Douhet.

Le matin, quand le port est encore à moitié endormi
Le port du Douhet est logé au fond de l’anse de la Malconche, sur la côte est nord de l’île, entre les hameaux de Foulerot et des Boulassiers. Il compte 290 places à flot, dont 20 réservées aux visiteurs.
Les bateaux dépassant 13 mètres, ou avec un tirant d’eau supérieur à 2,10 m, n’y entrent pas. Le bassin est fermé par un seuil, et le chenal ne s’ouvre qu’à mi-marée.
Ces trois butoirs mécaniques ne sont pas des défauts : ce sont eux qui préservent l’ambiance. Un port qui accepte des yachts de 18 mètres finit par ressembler à un parking flottant. Le Douhet reste au format d’un vacancier avec un semi-rigide, d’un pêcheur du dimanche ou d’un voilier de 8 mètres qui rentre au coucher du soleil.
Autre particularité méconnue : la gestion de tous les ports de l’île est répartie entre plusieurs autorités, et Le Douhet est un port départemental. Il est piloté par le Service des Ports Départementaux de la Charente-Maritime, exactement comme Boyardville.
La grille tarifaire des deux ports est unique, et un contrat annuel dans l’un ouvre une escale gratuite dans l’autre, dans la limite des places disponibles.
Concrètement, en juillet-août 2026, une nuitée d’escale coûte 16,30 € pour un bateau de moins de 6 m et 23,20 € pour un 8 mètres, ce qui reste doux à l’échelle de la façade atlantique.
Sur le sable, entre l’anse et les pontons
La plage colle au port. Sable fin, deux portions : un arc de cercle qui part de la pointe des Saumonards et remonte jusqu’à l’entrée du chenal, puis un prolongement plus sauvage vers les Boulassiers.
La mer y est presque toujours calme, parce que l’anse est abritée par le pertuis d’Antioche et par la masse continentale de Fouras en face. Un jour de vent d’ouest, la houle passe sur l’autre côte, et le Douhet garde son plat d’eau.
C’est ce qui en fait une plage rassurante pour les enfants qui commencent à peine à mettre la tête sous l’eau. Reste deux règles à connaître avant d’étaler la serviette.
- Baignade non surveillée ces dernières saisons : pas de poste MNS installé sur la plage. Les parents restent au bord, les gilets pour les plus petits ne sont pas de trop les jours de coefficient élevé.
- Chiens interdits toute l’année, jour et nuit, par arrêté municipal de Saint-Georges d’Oléron. Peu de sites touristiques le mentionnent. Les patrouilles de la police municipale, elles, le font respecter. Le maître qui vient avec son épagneul repart au bout de dix minutes, souvent contrarié.
L’anse dévoile largement à marée basse. Les enfants attrapent des crevettes dans les flaques, cherchent des petits poissons plats sous les pierres. Prévoir des chaussures d’eau : quelques cailloux et coquillages ponctuent la zone découverte.
À midi, au bar du port et au bout du chenal
Sur la digue du port, le circuit est court et il fonctionne. Un dépôt de pain pour les baguettes fraîches, une crêperie qui tient la matinée jusqu’au soir, deux restaurants classiques face aux pontons dont La Coquille et Chez Seb.
Au menu : moules, huîtres, éclade, quelques poissons du jour. Rien de gastronomique, mais de la cuisine simple servie sans attente déraisonnable en semaine.
Le port est aussi un vrai lieu d’activités, pas un décor. La cale de mise à l’eau sert autant aux pêcheurs qui rentrent leur bateau qu’aux paddles qui partent tourner autour du chenal.
Une école de glisse propose planche à voile, wing, kite et paddle, avec des créneaux enfants dès sept ans en été. Pour une école de voile FFV plus structurée, il faut monter jusqu’au Yacht Club Oléron à Saint-Denis, à une vingtaine de minutes en voiture au nord.
Location de vélos et de bateaux sur place, jet-skis à la journée pour ceux qui aiment ça. Une carte bancaire suffit, aucune réservation obligatoire hors mi-août.
L’après-midi, plutôt à pied ou à vélo qu’en voiture
Le vrai luxe du Douhet tient à ce qu’il n’y a pas besoin de reprendre la voiture pour la suite de la journée. Deux options faciles s’ouvrent depuis le port.
Longer l’ancien chemin de halage du chenal, creusé dans les années 1840 pour évacuer le sel et le vin de Saint-Georges vers la mer. Deux kilomètres à pied, plats, à l’ombre par endroits, qui débouchent au cœur du bourg de Saint-Georges d’Oléron avec son église romane, son marché sous les halles et ses terrasses.
Le retour se fait par le même chemin ou par la piste cyclable départementale.
Enfourcher un vélo pour la boucle des marais, 9,43 kilomètres marquée par la plateforme départementale Loopi. Le tracé passe par les marais salants et les sentiers ornithologiques, croise avocettes et chevaliers.
Compter deux heures, pauses observation comprises. Les enfants de huit ans tiennent la distance sans râler, à condition d’avoir prévu un goûter à mi-parcours.
Autre repère utile : la navette gratuite d’été de la Communauté de communes dessert Le Douhet et permet de rejoindre Saint-Pierre-d’Oléron sans reprendre la voiture.
C’est aussi ce qui rend un séjour sans permis parfaitement viable si l’hébergement se trouve à quelques kilomètres du port.

Pour le contraste, Boyardville reste la vitrine animée du sud-est de l’île, avec son marché quotidien, son cinéma et sa navette pour Fort Boyard. Deux ambiances, deux logiques : la matinée calme au Douhet, l’après-midi vivant à Boyardville.
À retenir
- Petit port départemental de 290 anneaux, dont 20 visiteurs, réservé aux bateaux de moins de 13 mètres.
- Anse de la Malconche protégée, eau calme adaptée aux jeunes enfants, baignade non surveillée en 2026.
- Chiens interdits toute l’année, jour et nuit sur la plage, par arrêté municipal.
- Escale d’un 8 mètres à 23,20 € la nuit en juillet-août 2026, grille commune avec Boyardville.
- Deux kilomètres de chemin de halage relient le port au bourg de Saint-Georges d’Oléron, à pied ou à vélo.





